APREDIA : le Livre blanc 2019, entretien avec Philippe Feuille

10/04/2020
Thumbnail [16x6]

Interview extraite du Livre blanc des CGPI 2019 : évolutions de La Compagnie des CGPI, loi Pacte, règlementation, finance solidaire, Philippe Feuille répond aux questions d’APREDIA.

 

APRÉDIA - Interview extraite du LIVRE BLANC DES CGPI 2019 

 

LA COMPAGNIE DES CGPI

Philippe FEUILLE, Président

 

Quel est le bilan de vos activités en 2018 ? Quels résultats avez-vous enregistrés ?

Nos effectifs sont restés globalement stables cette année. Notre Société de Formation est une très belle réussite et est reconnue. Elle donne toute sa place à l’interactivité entre nos adhérents qui ont compris l’intérêt de pouvoir échanger avec leurs confrères et ainsi, leur apporter des compétences sur les niches sur lesquelles ils travaillent. Nous nous sommes également fortement investis sur le réglementaire et le Code de Bonne Conduite. Nous avons aussi œuvré à développer nos partenariats, notamment à l’occasion de notre convention annuelle.

Une partie de notre site internet a été repensée pour apporter immédiatement du confort à nos adhérents au niveau des renouvellements d’adhésion. Il reste encore un gros travail à réaliser sur le site courant 2019, car nous souhaitons mettre en adéquation le site de La Compagnie des CGPI et le site de La Compagnie des CGPI Formation, afin que nos membres aient plus de facilité à trouver les informations.

Un partenariat avec l’EFPA a été initié. Il s’agit d’un organisme européen qui valide les compétences des CGP, et qui permet, au niveau européen, de pouvoir créer des liens. Nous avons créé un groupe de réflexion sur le non côté pour comprendre le périmètre des différentes activités des CIF, afin de pouvoir interroger l’AMF sur la commercialisation des produits non côtés et rendre plus explicite la réglementation en cours. Les sujets sont nombreux. Nous sommes entrés dans une vraie dynamique au service de nos adhérents.

 

Dans cet environnement, est-il encore possible à des cabinets nouveaux, créés ex nihilo, d’exercer et de développer dans le temps leur activité ?

Je continue à penser qu’il est possible à de nouveaux cabinets de s’installer. Mais, plus que jamais, les associations professionnelles ont un rôle à jouer pour les y aider parce qu’il y a des mécanismes, notamment réglementaires, à appréhender qui sont prioritaires. C’est pourquoi nous avons demandé à notre société de formation de mettre en place et d’animer une journée d’intégration spécifique pour les nouveaux adhérents. Cette journée est divisée en deux parties : une partie consacrée à l’aspect réglementaire du métier avec remise du kit réglementaire et des procédures, la seconde partie, consacrée à la structuration d’un cabinet. Il est en effet primordial que les créateurs de cabinets comprennent qu’un cabinet est, avant tout, une entreprise avec les devoirs et les contraintes qui y sont liés. Cela deman de de savoir se structurer et s’organiser, ainsi que beaucoup de travail.

Donc pour répondre à votre question, il est encore possible de créer aujourd’hui un cabinet qui saura utiliser les synergies professionnelles et interprofessionnelles existantes, tout en préservant son indépendance. Dans ce contexte, il y aura toujours demain des artisans et des libéraux. Ceci sera un plus pour notre profession. Notre association joue donc son rôle en aidant les nouveaux adhérents à bien se structurer dès le démarrage de leurs activités.

 

En 2018, les CGP ont dû s’adapter à des réglementations plus contraignantes pour la gestion de leurs cabinets. Ont-ils réussi cette transition ?

Les CGP se sont bien adaptés aux nouvelles réglementations. C’est positif pour la protection de l’investisseur. Des choses sont encore à mettre en place. La Compagnie des CGPI a bien compris que l’application de la réglementation permet, en apportant du professionnalisme et de la rigueur, de pérenniser et valoriser les cabinets. En faisant ap pel à un CGP, le client a en face de lui un professionnel qui peut le conseiller sur plusieurs axes d’orientation. Le CGP a, ainsi, tout avantage, dans son intérêt et celui de son client, a développé une analyse globale comprenant des domaines comme la pré voyance, la protection familiale et la protection de l’entreprise. Pour contribuer à ce développement, il serait souhaitable que les fournisseurs uniformisent leurs documents.

En parlant de transition, il est à noter qu’à partir de 2020, les courtiers d’assurances vont être obligés de s’affilier à une association professionnelle dédiée à l’intermédiation en assurance. Une grande partie de nos adhérents étant concernés par ce statut de courtage d’assurance, nous participons donc à des travaux à Bercy avec la Direction du Trésor, l’ACPR et l’AMF et nous positionnons, dès à présent, pour la création d’une association dédiée au courtage en assurance.

 

La loi PACTE est-elle une opportunité pour les CGP et leurs clients?

La loi PACTE est très importante. J’y vois plusieurs intérêts pour notre profession et pour nos clients. Le premier est qu’elle nous ouvre la voie du marché de l’Epargne Salariale qui est encore peu investie par les CGP, alors qu’elle entre dans le cadre de leurs activités. L’Epargne salariale est un excellent moyen de travailler avec les entreprises. C’est donc une opportunité. Le deuxième point concerne l’actionnariat dans les entreprises privées. Là encore, nous avons un rôle à jouer dans le cadre du PEE et du PERCO. La loi PACTE aura un double effet : nous aider à sensibiliser nos clients aux garanties croisées entre actionnaires pour apporter une notion de protection pour l’entreprise et conforter le rôle du CGP auprès du notaire, de l’expert - comptable, de l’avocat d’affaires ou du fiscaliste. Il est indispensable de renforcer une véritable synergie dans l’intérêt du client en développant l’interprofessionnalité.

Un autre point de la loi PACTE est de permettre une sortie en capital et non plus seulement en rente de l’épargne retraite. C’est une autre opportunité pour les CGP et pour leurs clients. Enfin, dans le cadre de la loi PACTE, le fonds Euro-croissance pourrait être boosté et simplifié ce qui le rendrait plus attractif. A mon sens, la loi PACTE présente aussi un intérêt pédagogique qui est de nous permettre d’informer et de former nos clients et prospects, qu’ils soient chefs d’entreprise ou particuliers, à une autre vision du financement des entreprises et à la place de celles-ci dans la société.

 

Investissement Socialement Responsable et Finance solidaire apparaissent en plein développement. Peuvent-ils intéressés les CGP ?

C’est le travail du CGP de trouver d’autres moyens financiers, d’autres moyens de diversification patrimoniale et de se préparer à une évolution. On constate depuis longtemps que la jeunesse veut revenir à des fondamentaux et à des valeurs humaines qui sont loin de l’uniformisation et de la robotisation que l’on nous propose. L’ISR est un moyen de concilier la performance d’un produit avec l’équilibre social et environnemental. Il y a quelque chose à faire sous réserve que les produits dit « ISR » ne soient pas qu’un emballage marketing.

 

Quels marchés ou quelles spécialisations peuvent encore être développés par les CGP pour renforcer leur valeur ajoutée ?

Le conseil est un des moyens de développement qui permet au CGP de montrer sa différence. Aujourd’hui, la plupart des CGPont pris l’habitude d’apporter un conseil gratuit, alors qu’ils amènent une vraie valeur ajoutée et que cette valeur ajoutée leur permet, en toute légitimité, de pratiquer un conseil facturé. Il est nécessaire qu’à l’avenir, ils prennent l’habitude de facturer leur conseil sous forme d’honoraires pour lui donner toute sa valeur. A une époque où la population française est vieillissante, un des autres axes de développement est, par exemple, le marché du Mandat de Protection Future. Le gestionnaire de patrimoine doit être en mesure de pouvoir trouver des solutions tant que la personne est encore en pleine possession de ses moyens : le mandat de protection future propose une solution. Le CGP est donc pleinement dans son rôle en le présentant à ses clients. Il y a donc devant nous un développement intéressant à explorer.

 

Quelles sont vos ambitions pour 2019 ?

L’année s’annonce très dense.

Pour commencer, nous allons continuer à développer notre Société de formation en proposant plusieurs formations qui correspondent à plusieurs niveaux d’expertises. Nous voulons développer les compétences de nos adhérents tout en les associant à notre démarche. Les adhérents compétents dans un domaine d’activité ou une niche sont invités à contribuer en animant des formations. Cela a déjà été le cas pour des sujets spécifiques liés à l’entreprise ou encore sur le majeur protégé.

Par ailleurs, pour répondre à la réglementation sur le courtage en assurance, entre autres, La Compagnie des CGPI va créer plusieurs associations : Courtage en assurance, IOBSP, Immobilier, regroupées avec l’association CIF actuelle sous l’égide d’une fédération. Nous nous adaptons à la réglementation pour apporter à nos adhérents ce dont ils ont besoin. Nous conservons à l’esprit dans ce développement de garder ce qui fait notre identité : la dimension humaine et l’esprit qualitatif.

 

La loi PACTE est-elle une opportunité pour les CGP et leurs clients?

La loi PACTE est très importante. J’y vois plusieurs intérêts pour notre profession et pour nos clients. Le premier est qu’elle nous ouvre la voie du marché de l’Epargne Salariale qui est encore peu investie par les CGP, alors qu’elle entre dans le cadre de leurs activités. L’Epargne salariale est un excellent moyen de travailler avec les entreprises. C’est donc une opportunité. Le deuxième point concerne l’actionnariat dans les entreprises privées. Là encore, nous avons un rôle à jouer dans le cadre du PEE et du PERCO. La loi PACTE aura un double effet : nous aider à sensibiliser nos clients aux garanties croisées entre actionnaires pour apporter une notion de protection pour l’entreprise et conforter le rôle du CGP auprès du notaire, de l’expert-comptable, de l’avocat d’affaires ou du fiscaliste. Il est indispensable de renforcer une véritable synergie dans l’intérêt du client en développant l’interprofessionnalité.

Un autre point de la loi PACTE est de permettre une sortie en capital et non plus seulement en rente de l’épargne retraite. C’est une autre opportunité pour les CGP et pour leurs clients. Enfin, dans le cadre de la loi PACTE, le fonds Euro-croissance pourrait être boosté et simplifié ce qui le rendrait plus attractif. A mon sens, la loi PACTE présente aussi un intérêt pédagogique qui est de nous permettre d’informer et de former nos clients et prospects, qu’ils soient chefs d’entreprise ou particuliers, à une autre vision du financement des entreprises et à la place de celles-ci dans la société.

 

Investissement Socialement Responsable et Finance solidaire apparaissent en plein développement. Peuvent-ils intéressés les CGP ?

C’est le travail du CGP de trouver d’autres moyens financiers, d’autres moyens de diversification patrimoniale et de se préparer à une évolution. On constate depuis longtemps que la jeunesse veut revenir à des fondamentaux et à des valeurs humaines qui sont loin de l’uniformisation et de la robotisation que l’on nous propose. L’ISR est un moyen de concilier la performance d’un produit avec l’équilibre social et environnemental. Il y a quelque chose à faire sous réserve que les produits dit « ISR » ne soient pas qu’un emballage marketing.

 

Quels marchés ou quelles spécialisations peuvent encore être développés par les CGP pour renforcer leur valeur ajoutée ?

Le conseil est un des moyens de développement qui permet au CGP de montrer sa différence. Aujourd’hui, la plupart des CGP ont pris l’habitude d’apporter un conseil gratuit, alors qu’ils amènent une vraie valeur ajoutée et que cette valeur ajoutée leur permet, en toute légitimité, de pratiquer un conseil facturé. Il est nécessaire qu’à l’avenir, ils prennent l’habitude de facturer leur conseil sous forme d’honoraires pour lui donner toute sa valeur. A une époque où la population française est vieillissante, un des autres axes de développement est, par exemple, le marché du Mandat de Protection Future. Le gestionnaire de patrimoine doit être en mesure de pouvoir trouver des solutions tant que la personne est encore en pleine possession de ses moyens : le mandat de protection future propose une solution. Le CGP est donc pleinement dans son rôle en le présentant à ses clients. 

 

Il y a donc devant nous un développement intéressant à explorer. Quelles sont vos ambitions pour 2019 ?

L’année s’annonce très dense. Pour commencer, nous allons continuer à développer notre Société de formation en proposant plusieurs formations qui correspondent à plusieurs niveaux d’expertises. Nous voulons développer les compétences de nos adhérents tout en les associant à notre démarche. Les adhérents compétents dans un domaine d’activité ou une niche sont invités à contribuer en animant des formations. Cela a déjà été le cas pour des sujets spécifiques liés à l’entreprise ou encore sur le majeur protégé.

Par ailleurs, pour répondre à la réglementation sur le courtage en assurance, entre autres, La Compagnie des CGPI va créer plusieurs associations : Courtage en assurance, IOBSP, Immobilier, regroupées avec l’association CIF actuelle sous l’égide d’une fédération. Nous nous adaptons à la réglementation pour apporter à nos adhérents ce dont ils ont besoin. Nous conservons à l’esprit dans ce développement de garder ce qui fait notre identité : la dimension humaine et l’esprit qualitatif.

 

Quel est le bilan de vos activités en 2018 ? Quels résultats avez-vous enregistrés ?

Nos effectifs sont restés globalement stables cette année. Notre Société de Formation est une très belle réussite et est reconnue. Elle donne toute sa place à l’interactivité entre nos adhérents qui ont compris l’intérêt de pouvoir échanger avec leurs confrères et ainsi, leur apporter des compétences sur les niches sur lesquelles ils travaillent. Nous nous sommes également fortement investis sur le réglementaire et le Code de Bonne Conduite. Nous avons aussi œuvré à développer nos partenariats, notamment à l’occasion de notre convention annuelle.

Une partie de notre site internet a été repensée pour apporter immédiatement du confort à nos adhérents au niveau des renouvellements d’adhésion. Il reste encore un gros travail à réaliser sur le site courant 2019, car nous souhaitons mettre en adéquation le site de La Compagnie des CGPI et le site de La Compagnie des CGPI Formation, afin que nos membres aient plus de facilité à trouver les informations. Un partenariat avec l’EFPA a été initié. Il s’agit d’un organisme européen qui valide les compétences des CGP, et qui permet, au niveau européen, de pouvoir créer des liens. Nous avons créé un groupe de réflexion sur le non côté pour comprendre le périmètre des différentes activités des CIF, afin de pouvoir interroger l’AMF sur la commercialisation des produits non côtés et rendre plus explicite la réglementation en cours. Les sujets sont nombreux. Nous sommes entrés dans une vraie dynamique au service de nos adhérents.

 

Dans cet environnement, est-il encore possible à des cabinets nouveaux, créés ex nihilo, d’exercer et de développer dans le temps leur activité ?

Je continue à penser qu’il est possible à de nouveaux cabinets de s’installer. Mais, plus que jamais, les associations professionnelles ont un rôle à jouer pour les y aider parce qu’il y a des mécanismes, notamment réglementaires, à appréhender qui sont prioritaires. C’est pourquoi nous avons demandé à notre société de formation de mettre en place et d’animer une journée d’intégration spécifique pour les nouveaux adhérents. Cette journée est divisée en deux parties : une partie consacrée à l’aspect réglementaire du métier avec remise du kit réglementaire et des procédures, la seconde partie, consacrée à la structuration d’un cabinet. Il est en effet primordial que les créateurs de cabinets comprennent qu’un cabinet est, avant tout, une entreprise avec les devoirs et les contraintes qui y sont liés. Cela deman de de savoir se structurer et s’organiser, ainsi que beaucoup de travail.

Donc pour répondre à votre question, il est encore possible de créer aujourd’hui un cabinet qui saura utiliser les synergies professionnelles et interprofessionnelles existantes, tout en préservant son indépendance. Dans ce contexte, il y aura toujours demain des artisans et des libéraux. Ceci sera un plus pour notre profession. Notre association joue donc son rôle en aidant les nouveaux adhérents à bien se structurer dès le démarrage de leurs activités.

 

En 2018, les CGP ont dû s’adapter à des réglementations plus contraignantes pour la gestion de leurs cabinets. Ont-ils réussi cette transition ?

Les CGP se sont bien adaptés aux nouvelles réglementations. C’est positif pour la protection de l’investisseur. Des choses sont encore à mettre en place. La Compagnie des CGPI a bien compris que l’application de la réglementation permet, en apportant du professionnalisme et de la rigueur, de pérenniser et valoriser les cabinets. En faisant ap pel à un CGP, le client a en face de lui un professionnel qui peut le conseiller sur plusieurs axes d’orientation. Le CGP a, ainsi, tout avantage, dans son intérêt et celui de son client, a développé une analyse globale comprenant des domaines comme la pré voyance, la protection familiale et la protection de l’entreprise. Pour contribuer à ce développement, il serait souhaitable que les fournisseurs uniformisent leurs documents.

En parlant de transition, il est à noter qu’à partir de 2020, les courtiers d’assurances vont être obligés de s’affilier à une association professionnelle dédiée à l’intermédiation en assurance. Une grande partie de nos adhérents étant concernés par ce statut de courtage d’assurance, nous participons donc à des travaux à Bercy avec la Direction du Trésor, l’ACPR et l’AMF et nous positionnons, dès à présent, pour la création d’une association dédiée au courtage en assurance.